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Derrière chaque fil de soie, il y a un animal minuscule et des semaines de soins attentifs. La sériciculture, c'est l'art d'élever le ver à soie pour obtenir ses cocons. Née en Chine il y a plusieurs millénaires, elle a façonné pendant trois siècles l'économie et les paysages du sud-est de la France, de l'Ardèche aux Cévennes. Voici la définition de la sériciculture, ses étapes et son histoire en France.
La sériciculture désigne l'élevage des vers à soie en vue de produire des cocons. Le mot vient du latin sericum, la soie, et de cultura. Les Romains appelaient Sères le peuple lointain, situé en Asie, d'où provenait cette étoffe précieuse. On appelle sériciculteur celui ou celle qui pratique cet élevage.
L'espèce élevée est le bombyx du mûrier (Bombyx mori), un papillon de nuit domestiqué depuis si longtemps qu'il ne peut plus vivre à l'état sauvage. Sa chenille, le « ver à soie », se nourrit exclusivement de feuilles de mûrier. Au terme de sa croissance, elle s'enferme dans un cocon formé d'un fil continu de soie.
Dans les campagnes ardéchoises et cévenoles, l'élevage, que l'on appelait « éducation » des vers à soie, se déroulait au printemps, au moment où les mûriers se couvrent de feuilles :
Le détail de ces étapes est présenté dans notre dossier sur le cycle de vie du ver à soie. L'élevage se faisait dans une pièce ou un bâtiment spécialement aménagé, la magnanerie.
La sériciculture est née en Chine. Selon la tradition, l'impératrice Leizu aurait découvert le fil de soie en voyant un cocon tomber dans sa tasse de thé chaud. Au-delà de la légende, l'archéologie atteste la production de soie en Chine dès le Néolithique. Pendant des siècles, les Chinois gardent le secret de sa fabrication, et la soie voyage vers l'ouest par les routes caravanières que l'on appellera plus tard les routes de la soie.
Au VIe siècle, sous l'empereur Justinien, des moines rapportent à Constantinople des œufs de vers à soie cachés, selon le récit traditionnel, dans des cannes creuses. L'élevage se développe alors dans l'Empire byzantin, puis dans le monde arabe, en Sicile, en Espagne et en Italie.
L'élevage du ver à soie apparaît dans le sud de la France à la fin du Moyen Âge, en particulier dans la région d'Avignon et dans les Cévennes. Mais c'est au tournant des XVIe et XVIIe siècles qu'il prend son essor, avec l'appui du pouvoir royal.
L'agronome ardéchois Olivier de Serres, seigneur du Pradel, près de Villeneuve-de-Berg, joue un rôle majeur. Dans son Théâtre d'agriculture et mesnage des champs, publié en 1600, il décrit en détail la culture du mûrier et l'élevage des vers. Le roi Henri IV, soucieux de limiter les importations coûteuses de soie italienne, encourage la plantation de mûriers dans tout le royaume, jusque dans le jardin des Tuileries.
Au XVIIIe et surtout au XIXe siècle, la sériciculture devient une ressource essentielle pour les familles paysannes du Vivarais, des Cévennes, de la Drôme et de la Provence. Les mûriers bordent les terrasses et les chemins, les maisons s'agrandissent pour accueillir les vers, et la vente des cocons fournit souvent l'argent liquide de l'année. On surnomme le mûrier « l'arbre d'or ».
Les cocons alimentent les filatures, puis les moulinages ardéchois, avant que la soie ne parte vers les métiers à tisser de Lyon. La production française atteint son apogée vers le milieu du XIXe siècle.
À partir des années 1850, une épidémie frappe les élevages : la pébrine, une maladie causée par un parasite microscopique, qui affaiblit les vers et se transmet par les œufs. La production s'effondre. En 1865, le gouvernement charge Louis Pasteur d'étudier le fléau. Installé près d'Alès, il comprend le mode de transmission et met au point une méthode de sélection des pontes : chaque papillon femelle est examiné au microscope, et seuls les œufs issus de femelles saines sont conservés.
La méthode sauve en partie la sériciculture, mais d'autres facteurs précipitent son déclin : l'ouverture du canal de Suez, en 1869, facilite l'importation de soies d'Asie à bas prix, puis l'apparition de la soie artificielle à la fin du XIXe siècle et des fibres synthétiques au XXe siècle réduit la demande. Après la Seconde Guerre mondiale, l'élevage du ver à soie disparaît presque complètement des campagnes françaises.
La sériciculture a laissé une empreinte durable : mûriers isolés au bord des champs, magnaneries reconnaissables à leurs nombreuses fenêtres, filatures et moulinages le long des rivières. Des élevages de démonstration, des musées et des associations entretiennent ce savoir-faire. Dans la vallée de la Fontaulière, l'écomusée du moulinage de Chirols évoque la suite de cette chaîne, la transformation du fil.
La sériciculture est l'élevage du ver à soie, le bombyx du mûrier, en vue de produire des cocons dont on tire la soie. Le mot vient du latin sericum, la soie, lui-même issu du nom que les Anciens donnaient au peuple producteur de soie, les Sères.
Surtout dans le sud-est : Cévennes, Ardèche, Gard, Drôme, Vaucluse et une partie de la Provence. Le climat permettait de cultiver le mûrier, et les familles paysannes élevaient les vers au printemps, en complément des autres activités agricoles.
La pébrine est une maladie du ver à soie causée par un parasite microscopique. Elle a ravagé les élevages européens au milieu du XIXe siècle. Louis Pasteur l'a étudiée dans la région d'Alès à partir de 1865 et a mis au point une méthode de sélection des œufs sains au microscope.
Elle a presque disparu au XXe siècle. Il subsiste des élevages à petite échelle, souvent tournés vers la démonstration, la pédagogie ou l'artisanat, notamment dans les Cévennes, ainsi que des musées et des magnaneries ouvertes au public.